Djibouti : un nouveau projet de la Banque mondiale financera le raccordement au réseau électrique de 14 000 ménages parmi les plus pauvres

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WASHINGTON, 2 juin 2017 – La Banque mondiale lance un nouveau projet destiné à élargir l’accès à l’électricité à quelque 14 000 personnes appartenant aux couches les plus pauvres de la population djiboutienne. Alors que les autorités se sont fixé pour objectif d’assurer l’accès universel à l’électricité d’ici 2035, ce projet d’un montant de 23,3 millions de dollars vient soutenir ce programme en visant notamment à élargir les infrastructures dans les quartiers les plus défavorisés de la ville de Djibouti. Il raccordera également un plus grand nombre de ménages au réseau de distribution national et étendra les systèmes d’éclairage public. L’opération portera aussi sur l’extension, pour la première fois, des lignes électriques jusqu’aux régions intérieures les moins développées. Enfin, elle financera le développement d’un plan national visant à valoriser l’énorme potentiel du pays dans le domaine des énergies renouvelables. Le Programme d’électrification durable sera financé par l’Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres. Il aura essentiellement pour but de bâtir sur les avancées déjà obtenues dans le cadre d’un projet précédent pour parvenir à l’électrification totale du plus vaste bidonville de la capitale djiboutienne, Balbala. Il s’agira aussi d’exploiter les infrastructures mises en place à Balbala pour étendre le réseau de lignes moyenne tension jusqu’aux zones rurales de l’intérieur du pays. L’objectif global du programme est de raccorder au réseau 9 000 ménages supplémentaires à Balbala et de construire dans le sud du pays les infrastructures qui permettront le raccordement de 5 000 foyers, ce qui donnera ainsi accès à l’électricité à plus de 10 % de la population totale. « L’accès à une source stable d’électricité est capital pour le développement, explique Asad Alam, directeur pays de la Banque mondiale pour Djibouti, l’Égypte et le Yémen. Dans les zones de Balbala qui ont été raccordées au réseau, les effets sont déjà tangibles, avec la création de nouvelles entreprises, la possibilité des enfants de faire leurs devoirs le soir et de rendre les quartiers plus sûrs grâce à l’éclairage public. Le projet s’inscrit plus largement dans un programme de réhabilitation des bidonvilles et nous collaborerons avec Djibouti pour permettre à l’ensemble de ses habitants de tirer profit des gains que procure l’accès à des services de base. » À l’heure actuelle, la moitié de la population de Djibouti, soit 70 000 foyers situés en zones urbaines, a accès à l’électricité. Le coût reste la principale cause d’inaccessibilité pour les ménages pauvres entravant également le développement des petites entreprises. L’approvisionnement repose en grande partie sur les importations d’hydroélectricité en provenance d’Éthiopie, et les interruptions sont fréquentes, en particulier durant la saison sèche. Dans son plan de développement national (« Vision 2035 »), le gouvernement mise d’atteindre une sécurité énergétique d et plus écologique dans l’avenir, reposant sur l’exploitation de l’énorme potentiel de Djibouti dans les énergies solaire, géothermique et éolienne. Aussi le nouveau projet financera également la préparation d’un Programme national d’électrification durable en vue de définir la trajectoire qui permettra de parvenir à la généralisation de l’accès à l’électricité grâce à l’extension du réseau et au développement des énergies renouvelables. « En portant le taux d’accès à l’électricité à plus de 60 % de la population et en traçant une feuille de route pour atteindre les 100 %, ce projet constituera un jalon essentiel vers la réalisation de l’objectif national d’électrification universelle », indique Roger Coma Cunill, spécialiste senior de l’énergie à la Banque mondiale et co-responsable du projet. Frédéric Verdol, ingénieur senior spécialisé dans l’énergie et également co-responsable du projet à la Banque mondiale, souligne quant à lui combien « il est important d’étendre le réseau électrique aux régions rurales afin d’y améliorer la qualité de vie et d’endiguer l’exode des habitants vers des zones urbaines déjà surpeuplées, mais aussi pour permettre à ces régions de continuer à accueillir des personnes déplacées alors que Djibouti est entouré de nombreuses zones de tension. » Le portefeuille du Groupe de la Banque mondiale à Djibouti comprend actuellement dix projets dans divers secteurs et représentant un engagement total de 101,1 millions de dollars (financements de l’IDA et fonds fiduciaires confondus).  

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